Pourquoi la Respiration Nasale est-elle si Importante ?

Le nez est l’organe principal de la respiration : il réchauffe, humidifie et filtre l’air inspiré, éliminant ainsi les particules indésirables (poussières, allergènes, microbes). Cet air mieux conditionné (température, hygrométrie) permet un échange optimal de l’oxygène vers le sang au niveau des poumons.

En outre, la résistance exercée par les fosses nasales lors de l’inspiration facilite une expansion plus efficace des voies respiratoires et des poumons (réflexe naso-pulmonaire).

Un rôle déterminant dans cette fonction revient aux cornets inférieurs (appelés « conques nasales inférieures »). Dotés d’un tissu muqueux richement vascularisé, ils adaptent la température, l’humidité et la filtration de l’air, tout en régulant la résistance au flux aérien. Lorsque, pour diverses raisons, ils augmentent de volume (hypertrophie), le passage de l’air diminue, provoquant une obstruction nasale, situation fréquente.

Étant donné le rôle crucial des cornets inférieurs dans la respiration nasale, les interventions chirurgicales sur ces structures doivent être exécutées avec grande prudence. Il convient de les réduire à une taille adéquate permettant de maintenir leur fonction, et d’éviter autant que possible une ablation totale.

Si la respiration par le nez est entravée (obstruction nasale), la personne respire par la bouche, ce qui entraîne un échange moins efficace de l’oxygène dans les poumons, se traduisant par une diminution de l’oxygénation sanguine. À long terme, cette baisse, détectée par les capteurs vasculaires cérébraux, peut provoquer une hausse de la pression artérielle, des troubles du rythme cardiaque ou même de l’insuffisance cardiaque.

De plus, l’obstruction nasale engendre des infections de la gorge, liée à la sécheresse de la muqueuse buccale, ainsi que des troubles du sommeil (ronflement, apnée) qui altèrent notablement la qualité de vie.

Causes Fréquentes d’Obstruction Nasale chez l’Adulte

  • Déviation de la cloison nasale (septum) : Le septum, structure cartilagineuse et osseuse séparant les deux fosses nasales, peut être dévié. Les traumatismes (fractures, chocs même mineurs passés inaperçus, anomalie congénitale) entraînent une croissance anormale du septum et un déséquilibre de la ventilation nasale.
  • Insuffisance de la valve nasale (nazal valv) : La valve nasale située à l’entrée des fosses nasales (près du dorsum) peut s’affaisser ou être trop étroite. On distingue :
    • L’insuffisance interne, liée le plus souvent à une déviation septale à ce niveau ;
    • L’insuffisance externe, due à des cartilages latéraux trop faibles ou déformés (de naissance, ou après une rhinoplastie), n’assurant plus la rigidité nécessaire pour maintenir la valve ouverte.
  • Hypertrophie des cornets inférieurs : Les cornets inférieurs gonflent et encombrent le passage de l’air.

Une mesure objective de ces valvules et autres structures nasales se fait via l’« acoustic rhinometry », qui permet de calculer la section des différents segments de la fosse nasale.

Souvent, en cas de déviation septale importante, la cornet inférieur de la fosse la plus large (opposée à la déviation) s’hypertrophie (hypertrophie compensatoire). L’organisme essaie ainsi de rétablir une symétrie et de maintenir une résistance adéquate au flux d’air.

Les réactions allergiques (rhinites allergiques) constituent une autre cause fréquente d’obstruction nasale. Les patients se plaignent alors d’écoulement clair, d’éternuements, de démangeaisons nasales et parfois oculaires.

D’autres facteurs : sinusites, rhinites vasomotrices (réactions excessives des vaisseaux à divers stimuli), polypes, cornets moyens pneumatisés (concha bullosa), tumeurs bénignes ou malignes peuvent occasionner une obstruction nasale.

Chez l’enfant, la végétation adénoïde (adénoïdes) est la cause prédominante d’obstruction nasale après 2 ans. Avant cet âge, on suspecte plutôt un obstacle congénital, comme une imperforation (atrésie des choanes). Les corps étrangers, l’allergie et la sinusite sont également possibles.

Nombre de gens ressentent des obstructions plus marquées la nuit. En position allongée, le sang s’accumule dans les vaisseaux sanguins des cornets, augmentant leur volume et réduisant le calibre nasal. À la verticale, la gravité facilite le retour veineux au cœur, les cornets dégonflent.

Lors de l’examen clinique (et/ou radiologique), si une infection est diagnostiquée, il convient d’abord de la traiter par antibiotiques adaptés. En cas d’allergie établie, un traitement anti-allergique soulage souvent aussi l’obstruction nasale.

Les polypes nasaux associés à une sinusite chronique nécessitent généralement une chirurgie (rhinoseptoplastie, ethmoïdectomie, etc.) pour nettoyer les sinus et restaurer leur ventilation. Les décongestionnants (comme illiadin, otrivin), par voie orale ou en spray, peuvent soulager dans les premières phases des infections ou réactions allergiques, mais ils ont une action vasoconstrictrice transitoire. Un usage prolongé (plus de 5 à 7 jours) peut provoquer l’effet inverse et des modifications durables de la muqueuse (rhinite médicamenteuse). Par voie orale, ils exposent à un risque de palpitations, d’insomnie, d’irritabilité, et sont déconseillés chez les sujets hypertendus, ayant des arythmies cardiaques ou une hyperplasie prostatique.

Pour évaluer le rôle des cornets inférieurs dans la gêne respiratoire, on pratique un « test de décongestion ». Après application d’un vasoconstricteur, si on constate une nette amélioration en quelques minutes, on suspecte que l’obstruction provient majoritairement de l’hypertrophie des cornets inférieurs. À l’inverse, si l’effet est faible ou asymétrique, on pense plutôt à une déviation septale ou une autre cause.

Chez les patients non infectés, non allergiques, ou ceux dont l’obstruction persiste malgré un traitement médical, on envisage une approche chirurgicale.